le LIEN combattu depuis 30 ans

 Un projet routier des années 1980 : utilité publique contestée 

  • L’idée d’une Liaison Inter-cantonale Evitement Nord (L.I.E.N) émerge dans les années 1980. Ce projet routier porté depuis quarante ans par le Département est d’un autre âge. La politique de construction de périphériques est censée délester le trafic mais de fait elle induit un trafic accru par la promotion de l’urbanisation massive du Nord de Montpellier. Après la construction des deux premières sections du LIEN mises en service entre 1990 et 2008, le dernier tronçon du LIEN de 8 kms de long qui relie Saint Gély à Bel-Air  fait l’objet d’oppositions, car il traverse de nombreuses zones habitées et des espaces agricoles et naturels. Depuis le début des années 1990, de multiples actions en justice sont conduites pour dénoncer la déclaration d’utilité publique des travaux du LIEN.

  • Une première déclaration d’utilité publique est annulée en 2013 au motif d’inexactitudes substantielles d’information au public   (Préfecture de l’Hérault, 2013).  Après une nouvelle enquête publique immédiatement relancée, une deuxième déclaration d’utilité publique est obtenue en 2015.

  • Depuis les procédures juridiques en contentieux sur la déclaration d’utilité publique des travaux du LIEN se poursuivent. Elles sont portées par des organismes directement impactés par la construction de ce tronçon : l’association des riverains du LIEN et la mairie de Grabels appartenant à la Métropole de Montpellier. Des recours auprès du Conseil d’Etat, mais aussi des projets de protection des zones naturelles soulèvent les problèmes de la qualité de l’eau potable de la ville et les risques de destruction d’habitats des espèces protégées.

2020 : Quarante ans après, le Département donne le feu vert aux travaux du LIEN :    destruction des forêts Nord de Montpellier

  • Après avoir obtenu la dérogation sur les espèces protégées en 2019, et considérant que les appels en justice ne sont plus suspensifs, le 28 janvier 2020, le Département de l’Hérault lance les travaux du LEN Nord-Ouest en démarrant par un vrai carnage écologique.

  • L’abattage des arbres et le débroussaillage détruisent 28ha (vidéo), dont un bois classé, le bois du Mas de Gentil, ceinture verte du Nord de Montpellier, propriété du Département acquise en 1990.

  • Pendant ce temps, les acquisitions foncières démarrées par le Département dès 2016 se poursuivent et les marchés publics s’ouvrent.

  • La prochaine session d’abattage et de débroussaillage du dernier tracé du LIEN est prévue pour fin 2021 : après le bois du Mas de Gentil, les monts du Mas de Matour et la zone de biodiversité de Bel-Air sont au programme.

​Mobilisation contre la destruction de la biodiversité et  l'inaction climatique

  • Un recours en justice en urgence conduit par les riverains du LIEN est déposé début février 2020 contre le déboisement  au tribunal administratif de Montpellier pour dénoncer le déboisement de 28 hectares d’arbres  par le Département de l’Hérault sur le tracé du L.I.E.N. Cette requête a été rejetée  le 25 février 2020. 

 

  •  Le collectif SOS Oulala se constitue alors pour lutter contre le LIEN qui ouvre la voie à l’urbanisation massive du nord de Montpellier et nie la transition écologique et alimentaire. Ce collectif a été rapidement rejoint par des personnes de différents horizons.  Depuis Mars 2020, la mobilisation collective est portée par Sos Oulala, et les groupes locaux de Greenpeace, Extinction Rébellion, ANV-COP21, Alternatiba. Ensemble et avec le soutien de FNE-LR, de la Confédération Paysanne et de nombreux réseaux citoyens, ils contestent le LIEN et demandent son arrêt, car cette route est symptomatique d’une politique d’un autre âge.  

 

  • Les associations déposent un recours gracieux en septembre 2020 sur les espèces protégées car six nouvelles espèces s’ajoutent à la longue liste des 109 espèces déjà impactées par le tracé du LIEN. Le 22 septembre 2020  l’avocate du collectif SOS Oulala, de Greenpeace Montpellier, France Nature Environnement Languedoc-Roussillon, ANV COP 21 Montpellier et Extinction Rébellion Montpellier, demande au préfet de l’Hérault de : « Prescrire la suspension de tous travaux de réalisation de la RD 68- LIEN (…) » (code de l’environnement et articles L. 411.1 »). Ce recours gracieux est à ce jour sans réponse, mais les démarches se poursuivent.

 

  • Début octobre, la Maison de l’Ecologie et des résistances (MER) voit le jour : elle propose la création pacifique d’alternatives aux projets routiers. Mais le 22 octobre 2020 le Département expulse des citoyen.ne.s non violent.e.s et détruit au bulldozer la Maison de l’Ecologie et des Résistances lieu de rencontres et d’émancipation accueillant des initiatives militantes, culturelles et artistiques. Courant octobre et novembre 2020, le Département de l’Hérault publie un dépliant distribué dans toutes les boites aux lettres de Montpellier et des villages périphériques Nord en vantant les « bénéfices + » du LIEN et en accusant les opposants au projet du LIEN de propager des « FakeNews ». Les réponses et résistances collectives s'organisent : dossiers de presse écrits et vidéo, courriers aux élus du Département de l'Hérault, de la Métropole de Montpellier, de la Communauté des  Communes du Grand Pic Saint Loup.

  • Des séries d’actions : les vœux 2021 au Département, les arbres du LIEN marchent vers le Département, la Vélorution prend d’assaut les routes départementales, etc.

 

Aujourd’hui, le dernier tronçon du L.I.E.N. c’est :

  • un périphérique autour de Montpellier

  • une liaison autoroutière A9 et A750

  • un blanc-seing donné par nos autorités territoriales aux entreprises de travaux publics pour développer la ZAC de Bel Air (zone naturelle exceptionnelle en Europe), pour construire un Décathlon avec une zone commerciale à Saint Clément de Rivière (projet Oxylane) et pour relancer l’exploitation de la carrière de Combaillaux par Lafarge Granulat et la Zone de Bel Air.

  • 100 millions d’argent public dépensés pour détruire les écosystèmes et accélérer la crise climatique.

 

Diminuons le trafic et exigeons l'arrêt du LIEN. A l’heure de la crise sanitaire, économique et écologique les urgences sociales, alimentaires et environnementales exigent des transformations de nos politiques territoriales.

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