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Réponses aux accusations du Département - Le 03/12/2020

Mis à jour : janv. 13



Le Département de l’Hérault réalise depuis fin octobre une campagne qui accuse les militant.e.s et organisations citoyennes et environnementales de FakeNews.

La Mule du Pape avec interviews et brochure à l'appui, vous livre Comment le Département veut nous laver le cerveau et le Poing interpelle le Département de l'Hérault sur sa propagande anti-écolo et restitue les réponses du collectif.


Le SOS OULALA avec les groupes locaux Alternatiba, ANV-COP21, Extinction Rébellion, Greenpeace regroupant des individus de différents horizons demandent l’arrêt du LIEN car ce projet porté depuis quarante ans par le Département est d’un autre âge. Il ouvre la voie à l’urbanisation massive du nord de Montpellier et nie l’urgence climatique et la transition écologique et alimentaire.


Point par point nos réponses :

Le LIEN = intensification du trafic

Toute nouvelle route induit du trafic supplémentaire selon plus de cent études de cas conduites en France et en Angleterre par différents centres de recherche.


• Le LIEN confirme le constat des chercheurs : dès 2021, soit dix ans après leur mise en service, il y aura doublement des voies du tronçon du LIEN entre Saint-Gély-du-Fesc et les Matelles.


• Le LIEN se connecte à l’A750 un aspirateur à trafic ! Un trafic fluide ? Surtout intense !


Le LIEN = objections juridiques et citoyennes niées

• Déposer des recours contre une institution est un droit, surtout quand elle ne remplit pas ses obligations. La première déclaration d’utilité publique du LIEN a été annulée en 2013 au motif d’inexactitudes substantielles viciant l’information du public. La deuxième déclaration d’utilité publique du LIEN fait l’objet de deux recours en justice actuellement au Conseil d’Etat.


• Donner à croire que « 6,16 millions d’Euros » sont liés aux recours déposés et qu’ils sont « coûteux pour les contribuables » est un abus de langage.


• Utiliser l’argent public en frais de propagande visant à désinformer, discréditer et imposer le seul point de vue de l’institution « bénéfices+ du LIEN » s’apparente à un abus de pouvoir.


Le LIEN = imposition du modèle tout voiture

• Cette route engendre la destruction de milieux naturels et agricoles. C’est un projet écocidaire et non durable.


• Il serait plus durable d’aménager les routes départementales existantes en créant des voies réservées pour les vélos (pas de pistes cyclables sur le LIEN) et en développant les transports en commun (une seule ligne au Nord de Montpellier).


Le LIEN = contournement nord reliant deux autoroutes

• Le LIEN, une fois bouclé, reliera deux autoroutes : l’autoroute de Clermont- Ferrand (l’A750 à Bel-Air) à l’autoroute Sud, grand axe de trafic international entre l’Espagne et le reste de l’Union Européenne (A9 / A 709 à Baillargues).


• Elle sera un contournement reliant deux autoroutes et non « une Liaison Inter-cantonale d'Evitement Nord » (LIEN).


• Si ce dernier tronçon se réalise, seule l’offre de transport routier sera activée : aucun mode actif, aucun évitement de déplacement n’est envisagé.


Le LIEN = cheval de Troie pour bétonner massivement le nord de Montpellier

• Le tracé du LIEN va de pair avec l’emplacement des zones d’activités économiques : le Département ne peut ni l’ignorer, ni s’en défausser même si des divisions administratives existent entre la Métropole et les communautés de communes voisines. Les routes participent de l’étalement urbain et donc de la bétonisation !


• Les schémas de cohérence territoriale des collectivités l’indiquent :

« Le parc d’activités Ecoparc Bel-Air à Vailhauquès s’étendra à terme sur une superficie d’environ 50 Hectares. Il se trouve à proximité directe de l’A750 et du futur dernier tronçon du LIEN qui relie l’A750 à l’A9 au nord de la ville de Montpellier […] Le LIEN […], génère des opportunités de développement économique plus importantes […] et constitue des portes d’entrées du territoire depuis la Métropole de Montpellier ».

Sur le territoire de la Métropole, la zone d’activité du Mijoulan s’étendra sur 22ha et se développera la « polarité économique soumise à procédure spécifique » de la zone de

Naussargues-Bel air.

Sur le territoire du Grand Pic Saint-Loup, l’exploitation de la carrière Granulats Lafarge actuellement en sommeil étendra ses capacités d’exploitation et de production dès que le LIEN entrera en fonction.

Le projet Oxylane à Saint-Clément-de-Rivière situé à 2 km d’un des échangeurs du LIEN prévoit de bétonner plus d’une vingtaine d’hectares agricoles.


La logique de développement de l’offre routière ne sert pas à gagner du temps mais à gagner de l’espace constructible. Les paysages patrimoniaux du Grand Pic Saint-Loup sont sous la pression de l’urbanisation.



Le LIEN = impacts sur la pollution de l’air et sur le climat

Réduire l’empreinte carbone est un engagement pris par nos collectivités territoriales et le trafic routier est le principal émetteur de gaz à effet de serre : entre 54% et 50% sur l’aire Métropolitaine de Montpellier.


Le LIEN va intensifier cette production puisqu’il génère un nouveau trafic : à elle toute seule la carrière de Lafarge Granulats prévoit 160 camions par jour, sans compter tout le trafic induit par les entreprises du bassin de Saint-Gély-du Fesc, Saint-Clément- de- Rivière, Juvignac et Saint-Georges d’Orques.


La Métropole de Montpellier comme d’autres agglomérations, dépasse systématiquement les valeurs limites des seuils réglementaires. Elle a été mise à l’index en 2018 par la Cour de justice de la Commission Européenne et en novembre 2020 par le Conseil d’Etat : elle doit mettre en oeuvre ses engagements de réduction de gaz à effet de serre.


Quelles que soient les échelles, le levier pertinent pour répondre à l’urgence climatique est de diminuer le trafic. La création d’un nouveau contournement nord reliant deux autoroutes ne répond pas à l’obligation de réduction des émissions. L’inaction climatique engage la responsabilité des autorités territoriales dont celle du Département.


Le LIEN= impacts sur les espèces protégées

• Une dérogation autorisant l’altération ou la destruction des habitats de 109 espèces protégées a été accordée par le préfet en 2019, pour que le futur LIEN soit conforme à la loi environnementale.


• Six espèces ont échappé au dossier de demande de dérogation et un recours gracieux a été déposé auprès du Préfet de l’Hérault en septembre 2020 par les organisations signataires de ce droit de réponse. Il lui est demandé de suspendre le projet du LIEN du fait de ces manquements.


LIEN = vecteur d’incendies, inondations, nature bétonnée, pollution de l’eau

Le LIEN coupe un corridor écologique de trame verte (29 ha de milieux forestiers) et traverse une zone de danger du plan de prévention des risques d’incendie et des feux de forêts (PPRIF).


Le tracé du LIEN passe sur des zones inondables (Pézouillet et Mosson) et augmente les surfaces bétonnées aux endroits exposés aux risques d’inondation comme ont pu le constater à leurs dépens les habitants de Grabels en octobre 2014.


• Il imperméabilise les sols en créant des tunnels, des routes, des ponts, des remblais. Cette augmentation des surfaces de ruissellement rapide des eaux pose question alors que les épisodes cévenols se multiplient et gagnent en intensité.


• A elle seule la surface bitumée de la route représente 10 ha mais l’emprise du projet représente plus de 70 hectares dont 40 ha de zones naturelles et 30 ha de zones agricoles. Sans compter autour du LIEN, les zones d’activités économiques qui consomment des centaines d’hectares de terre aggravant la fragmentation des écosystèmes.


• Le tracé du LIEN passe dans le périmètre rapproché du forage en eau potable du « Pradas » qui alimente Grabels. Les risques de pollution de l’eau potable de la commune sont un des motifs qui explique les procédures juridiques en cours à l’encontre de la déclaration d’utilité publique du LIEN conduites par la mairie de Grabels.


Ensemble, individus, militant.e.s et organisations environnementales et citoyennes demandent l’arrêt du LIEN.

Le modèle de société fondé sur les routes et l’étalement urbain détruit les paysages, les cadres de vie, les ressources naturelles, nie l’urgence climatique et bloque les voies vers la transition écologique et alimentaire.


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